Précommander

Moral

Chômage et moral : comment tenir quand les recruteurs ne répondent pas ?

Tu envoies ton CV, tu adaptes ta candidature, tu vérifies trois fois que la pièce jointe est bien là. Puis tu attends. Un jour, trois jours, une semaine… et parfois rien. Voici comment traverser le silence des recruteurs sans le laisser abîmer ta confiance en toi.

Par Marie Boquillon · · 7 min de lecture

Chercher un emploi peut être épuisant. Pas seulement à cause des candidatures, des entretiens ou des refus. Parfois, ce qui pèse le plus, c’est tout simplement l’absence de réponse.

Aucun retour. Aucun refus. Aucun message. À force, le silence des recruteurs finit par toucher bien plus que notre boîte mail : il atteint directement le moral et la confiance en soi.

Pourquoi le silence des recruteurs est-il si difficile à vivre ?

Un refus ferme au moins une porte. Le silence, lui, laisse tout ouvert. Est-ce que ma candidature a été vue ? Est-ce que le poste est toujours disponible ? Est-ce que mon profil ne convient pas ? Est-ce qu’ils vont me rappeler ?

Et plus les jours passent, plus notre cerveau commence à remplir les blancs tout seul. Généralement avec beaucoup de douceur, évidemment :

  • « Je ne suis sûrement pas assez qualifiée. »
  • « Mon CV n’est peut-être pas bon. »
  • « Je n’intéresse personne. »

C’est là que la recherche d’emploi devient particulièrement difficile psychologiquement : on finit par prendre personnellement une situation professionnelle.

Pourquoi les recruteurs ne répondent pas (et pourquoi ce n’est pas toi)

Une candidature sans réponse peut avoir de nombreuses causes qui n’ont rien à voir avec ta valeur :

  • un recrutement suspendu ;
  • une candidature reçue trop tard ;
  • un très grand nombre de candidats ;
  • un changement de budget ;
  • un poste finalement pourvu en interne.

Le problème, c’est qu’on ne connaît souvent jamais la raison. Et faute de raison, on en invente une — rarement flatteuse.

Candidature refusée ou ignorée : ne pas la confondre avec sa valeur personnelle

Quand on passe beaucoup de temps à chercher un emploi, une étrange équation peut s’installer. Beaucoup de réponses : je suis compétent. Peu de réponses : je ne vaux pas grand-chose. Et pourtant, ça n’a aucun sens.

Une candidature ne montre qu’une toute petite partie de toi. Un CV ne dit pas comment tu travailles réellement, comment tu communiques avec les autres, comment tu apprends, comment tu gères les imprévus ou ce que tu peux apporter à une équipe. Il montre quelques expériences, quelques compétences et quelques lignes choisies pour tenter de répondre à une annonce.

Le nombre de réponses reçues ne doit pas devenir le baromètre de ton estime personnelle.

Se fixer des limites dans sa recherche d’emploi

L’un des pièges du chômage, c’est de ne jamais vraiment quitter sa recherche d’emploi. Tu regardes tes mails le matin. Tu consultes LinkedIn en mangeant. Tu retournes sur les offres en fin de journée. Et même lorsque tu fais autre chose, une partie de ton cerveau reste en attente.

Pour éviter que cette période prenne toute la place, il peut être utile de lui donner un cadre. Par exemple :

  • consacrer quelques heures précises aux candidatures ;
  • consulter ses mails à des moments définis ;
  • se fixer un nombre raisonnable d’offres à traiter ;
  • arrêter la recherche après une certaine heure.

Le but n’est pas de « moins chercher ». Le but est d’éviter que la recherche d’emploi devienne une activité ouverte 24 heures sur 24 dans ta tête.

Comment garder le moral pendant le chômage ?

La difficulté, c’est que les grandes étapes de la recherche d’emploi dépendent souvent de quelqu’un d’autre : recevoir une réponse, être invité à un entretien, être sélectionné, obtenir un poste. Il est donc important de conserver des objectifs qui dépendent uniquement de toi.

Côté recherche

  • envoyer une candidature vraiment adaptée ;
  • mettre à jour son CV — notre générateur de CV gratuit vérifie au passage qu’il est lisible par les logiciels de recrutement ;
  • faire une relance.

Côté vie

  • faire du sport, sortir de chez soi ;
  • voir un proche, cuisiner ;
  • commencer une activité, lire ;
  • regarder une série sans culpabiliser.

Ces choses peuvent sembler petites comparées à l’objectif final, qui est de retrouver un travail. Pourtant, elles permettent de continuer à avancer sans attendre qu’un recruteur valide ta journée.

Arrêter de culpabiliser quand on ne cherche pas d’emploi

Le chômage crée parfois une étrange culpabilité. Tu regardes un film ? Tu pourrais envoyer une candidature. Tu fais une sieste ? Tu pourrais regarder les nouvelles offres. Tu pars voir des amis ? Tu pourrais améliorer ton profil LinkedIn. Très vite, tout ce qui n’est pas « utile » peut sembler être une perte de temps.

Mais le repos n’est pas l’ennemi de ta recherche d’emploi. Tu n’as pas besoin d’être productif à chaque minute pour mériter de retrouver un poste. Parfois, se déconnecter quelques heures permet simplement de revenir avec davantage d’énergie le lendemain.

Le chômage est une situation, pas une identité.

Faut-il relancer un recruteur qui ne répond pas ?

Oui : dans beaucoup de situations, une relance courte et professionnelle est pertinente. Après une candidature ou un entretien, attendre quelques jours avant de reprendre contact permet de montrer son intérêt sans être insistant.

Mais après une relance restée elle aussi sans réponse, il faut parfois accepter de passer à autre chose. Pas parce que ta candidature n’avait aucune valeur. Parce que ton énergie, elle, en a — et la consacrer pendant des semaines à une entreprise silencieuse risque surtout de t’épuiser.

Relancer, oui. Passer ses journées à actualiser sa boîte mail, beaucoup moins.

Parler avec des personnes qui comprennent cette période

Pendant le chômage, certaines phrases partent d’une bonne intention mais peuvent être difficiles à entendre :

  • « Profites-en, tu as du temps. »
  • « Tu trouveras forcément. »
  • « Tu as essayé de postuler ailleurs ? »
  • « Tu devrais peut-être accepter n’importe quoi en attendant. »

Il y en a d’ailleurs assez pour remplir une grille entière : c’est le bingo du chapitre 3 du livre, et tu peux y jouer directement sur le site.

Parler avec des personnes qui vivent ou ont vécu la même chose aide à se sentir beaucoup moins seul. On découvre que les mêmes pensées reviennent souvent. Les mêmes doutes. Les mêmes journées de motivation suivies d’une journée où l’on n’a envie de rien. Et parfois, simplement comprendre que ce que l’on ressent est partagé suffit déjà à alléger un peu la période.

Le chômage ne doit pas mettre ta vie en pause

C’est probablement le plus difficile à accepter. Quand on cherche un travail, on a tendance à penser : « Quand j’aurai trouvé, je pourrai enfin avancer. » Mais la vie ne commence pas le jour où un recruteur te dit oui. Elle continue déjà.

Dans les nouvelles habitudes. Dans les rencontres. Dans les projets. Dans les moments où tu découvres quelque chose que tu n’aurais probablement jamais testé si tu travaillais à plein temps. Dans les jours où tu avances beaucoup — et même dans ceux où tu avances moins.

Alors continue de chercher. Continue d’envoyer tes candidatures. Continue de relancer quand cela a du sens. Mais n’oublie pas de continuer aussi à vivre. Parce qu’au milieu de tous ces mails sans réponse, il y a une chose qu’il ne faudrait surtout pas perdre : toi.

Questions fréquentes

Pourquoi les recruteurs ne répondent-ils pas aux candidatures ?

Le plus souvent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le candidat : recrutement suspendu, candidature arrivée trop tard, très grand nombre de candidats, changement de budget ou poste finalement pourvu en interne. On ne connaît presque jamais la raison, ce qui pousse à en imaginer une — à tort.

Faut-il relancer un recruteur qui ne répond pas ?

Oui, une fois, de façon courte et professionnelle, quelques jours après la candidature ou l’entretien. Si la relance reste elle aussi sans réponse, mieux vaut passer à autre chose : ton énergie a plus de valeur qu’une entreprise silencieuse.

Comment garder le moral pendant une recherche d’emploi ?

En se fixant des objectifs qui ne dépendent que de soi (une candidature adaptée, un CV à jour, une relance, mais aussi du sport, des proches, une activité), en donnant des horaires à sa recherche, et en cessant de mesurer sa valeur au nombre de réponses reçues.

Est-ce normal de culpabiliser quand on ne cherche pas d’emploi ?

C’est très courant : pendant le chômage, tout ce qui n’est pas « utile » finit par ressembler à une perte de temps. Pourtant le repos n’est pas l’ennemi de la recherche d’emploi. Se déconnecter quelques heures permet souvent de revenir avec plus d’énergie le lendemain.

À lire aussi